Mise à jour sur le marché des placements privés pour le premier trimestre de 2026
Les placements privés ont entamé l’exercice 2026 avec une visibilité en amélioration, mais dans un contexte plus exigeant. Les investisseurs s’intéressent de plus en plus au moment auquel la liquidité se normalisera, à la provenance des rendements dans un environnement marqué par des taux d’intérêt plus élevés et une concurrence accrue, ainsi qu’à la manière dont l’IA va remodeler la création de valeur et le risque au sein des portefeuilles.
Nous avons observé les tendances suivantes sur le marché des placements privés au cours du premier trimestre de 2026 :
Le secteur des placements privés a entamé l’exercice 2026 sur une dynamique positive, grâce à l’amélioration des activités de sortie à l’échelle mondiale en 2025. Cependant, la reprise générale se heurte à des défis persistants liés aux tensions géopolitiques et aux inquiétudes concernant l’IA, en particulier dans le secteur des logiciels. Bien que les sorties montrent certains signes de reprise, l’activité reste sélective et concentrée sur les actifs de meilleure qualité, ce qui conduit de nombreux investisseurs à se concentrer sur la date et les modalités de restitution du capital.
Les investisseurs semblent se concentrer sur la liquidité et les distributions, reflétant un contexte de plusieurs années marqué par un environnement de sortie plus lent et une pression continue sur les rendements en espèces. Cela est important, car cela influence directement les engagements, le rythme, les renouvellements et la volonté d’accroître l’exposition aux placements privés aujourd’hui. Sur le marché actuel, la diligence des investisseurs s’oriente de plus en plus vers ce qui est « réel » : comment les valorisations déclarées se traduisent en résultats concrets, et si la performance repose sur des fondamentaux plutôt que sur une expansion des multiples.
Au premier trimestre de 2026, les sorties mondiales de placements privés ont totalisé environ 270 milliards de dollars, en baisse par rapport au quatrième trimestre de 2025. Les sorties continuent de se concentrer principalement sur les actifs de plus grande taille et de meilleure qualité, tandis que la liquidité à plus grande échelle est encore en cours de développement.1
Les volumes de sorties ont encore diminué au premier trimestre de 2026, l’activité d’introduction en bourse étant particulièrement atone dans un contexte de volatilité renouvelée des marchés.2 Parallèlement, les fusions-acquisitions et les sorties de promoteur à promoteur sont demeurées stables.
Activité mondiale de sortie dans le secteur des placements privés3
en G$ US
Rien ne garantit que les tendances mises en évidence ci-dessus se poursuivront à l’avenir.
Dans ce contexte, les sociétés continuent de mettre l’accent sur la diversification de l’exposition et la rigueur en matière de souscription. Les promoteurs examinent de près les hypothèses de sortie dans nos souscriptions afin de s’assurer que nous ajustons nos attentes à la réalité.
La sélectivité et la concentration seront probablement les clés de la réussite dans le secteur des placements privés à moyen et long terme, alors que celui-ci est confronté à une concurrence accrue et à un environnement macroéconomique plus difficile.
Le contexte actuel marque un tournant par rapport à la période précédente, où les rendements étaient soutenus par une dynamique de marché favorable, pour évoluer vers un environnement où la réussite dépend plus directement de la mise en œuvre et de la différenciation. Il importe de noter que cela ne remet pas en cause la pertinence à long terme des placements privés, mais réaffirme plutôt leurs atouts fondamentaux.
Au fil du temps, les placements privés ont démontré leur capacité à afficher une performance supérieure à celle des marchés publics, grâce à un actionnariat actif, à des incitatifs alignés et à un accent placé sur l’amélioration opérationnelle. Dans le contexte actuel, où les rendements dépendent généralement moins de l’expansion des multiples, ces attributs prennent encore plus d’importance, renforçant le rôle des placements privés en tant que classe d’actifs à capitalisation à long terme.
Parallèlement, les résultats dépendent de plus en plus du choix des gestionnaires et de leur mise en œuvre, les investisseurs accordant une importance accrue aux promoteurs en mesure de générer une croissance constante du BAIIA, de s’adapter aux dynamiques sectorielles et de traduire les performances opérationnelles en valeur réalisée. Simultanément, la prime d’illiquidité — bien que toujours présente — devient plus nuancée, avec une plus grande variabilité entre les stratégies et les gestionnaires.
Rendements des placements privés4
Taux de rendement interne net moyen par année de lancement
Rien ne garantit que les tendances mises en évidence ci-dessus se poursuivront à l’avenir.
Dans ce contexte, le marché intermédiaire continue de se démarquer comme un moteur de croissance clé, avec une nette orientation vers la création de valeur opérationnelle plutôt que vers l’ingénierie financière traditionnelle. Les données issues des indices de référence opérationnels soulignent cet avantage : les entreprises du marché intermédiaire soutenues par des placements privés ont généré une prime de croissance du chiffre d’affaires d’environ 3,6 points de pourcentage au cours de la dernière décennie et une marge du BAIIA supérieure d’environ 1,4 point à celle de leurs homologues non soutenus par des placements privés au cours du dernier exercice.5 Les sociétés du marché intermédiaire présentent une thèse d’investissement convaincante grâce à une stratégie d’« achat et développement », qui consiste à acquérir d’autres entreprises à des valorisations intéressantes. Cette approche permet aux plateformes de se développer efficacement, de dégager des synergies et de diversifier leurs sources de revenus, ce qui peut contribuer à atténuer la volatilité.
Les placements secondaires jouent également un rôle de plus en plus important dans les portefeuilles des investisseurs. Ils offrent un moyen complémentaire d’accéder aux placements privés, généralement avec une duration plus courte et une meilleure visibilité sur les actifs sous-jacents, tout en apportant de la liquidité et des informations sur les prix au sein d’un marché plus sélectif. Dans un environnement où les résultats dépendent davantage des gestionnaires, les placements secondaires peuvent aider les investisseurs à affiner la constitution de leur portefeuille et à obtenir une exposition ciblée à des actifs de grande qualité.
L’IA est en train de redéfinir le déploiement des placements privés, la souscription et l’approche de création de valeur, s’imposant ainsi comme un facteur déterminant pour les investisseurs.
Après une décennie durant laquelle les logiciels et les technologies ont représenté une part importante des investissements, les investisseurs réajustent leur exposition en raison des perturbations rapides imputables à l’IA. La part de la technologie dans les investissements mondiaux en placements privés est passée d’environ 30 % en 2025 à un peu plus de 10 % au premier trimestre de 2026.7 Bien que ce recul soit probablement exagéré, nous nous attendons à un recentrage sur des modèles défendables et présentant un potentiel d’intégration clair de l’IA, ainsi qu’à une certaine incertitude concernant les bouleversements induits par l’IA dans le secteur des logiciels.
L’IA s’impose comme un facteur déterminant tant dans la souscription que dans la création de valeur, les investisseurs s’intéressant de plus en plus à son impact sur les modèles économiques, le positionnement concurrentiel et les sorties réelles.
Les incidences sont doubles :
- Risque : certains secteurs (en particulier celui des logiciels) sont confrontés à une perturbation accélérée et à des cycles de concurrence plus courts, ce qui nécessite une diligence plus rigoureuse.
- Opportunité : l’IA permet également des gains de productivité, des économies de coûts et une augmentation des revenus, devenant ainsi un levier central dans les stratégies de création de valeur.
Il importe de noter que les résultats dépendent de plus en plus de la mise en œuvre — c’est-à-dire de la capacité des promoteurs à traduire les capacités numériques et d’IA en améliorations opérationnelles mesurables.
Au niveau des promoteurs, le changement ne réside pas dans l’introduction de l’IA, mais dans sa systématisation. Alors que de nombreux promoteurs investissent depuis des années dans les capacités numériques, les promoteurs de premier plan standardisent désormais le déploiement grâce à des équipes centralisées, des outils partagés et des guides opérationnels reproductibles pouvant s’appliquer à l’ensemble des portefeuilles.8 L’accent est mis sur l’impact mesurable : intégrer l’IA aux principaux moteurs de valeur tels que la tarification, la productivité commerciale et l’optimisation des coûts, avec un lien plus clair vers les résultats en termes de BAIIA.9
Dans le contexte actuel, ce qui fait la différence, c’est la mise en œuvre : les entreprises capables de déployer systématiquement l’IA et de la traduire en résultats tangibles se démarquent de plus en plus de celles qui continuent d’opérer avec des approches fragmentées ou expérimentales.
Dans l’ensemble, ces tendances indiquent une maturation de l’environnement des placements privés, où les rendements dépendent moins des conditions de marché et sont de plus en plus déterminés par la mise en œuvre. À mesure que la prime d’illiquidité des placements privés se nuance et que la dispersion entre les gestionnaires s’accentue, le succès dépendra de la sélection des bons gestionnaires, de la concentration sur la création de valeur opérationnelle sur le marché intermédiaire et de l’ajout d’une exposition aux placements secondaires pour gérer activement les expositions aux placements privés.
Remarques :
- Source pour la concentration des opérations de sortie : Equity Pulse : key takeaways from Q1 2026, avril 2026.
- Source pour la baisse du volume de sorties : KPMG, Q1’26 Pulse of Private Equity — Global insights, avril 2026.
- Source pour les activités mondiales de sortie des fonds de placements privés : Pitchbook, Q1-26 Global PE First Look, avril 2026.
- Source pour les rendements des placements privés : Cambridge Associates ; en date de septembre 2025. Les rendements des rachats sont représentés par les rendements agrégés par année de lancement. Comprend les rendements des investissements en rachats à l’échelle mondiale pour les années de lancement 1990 à 2022. Les rendements pour les années de lancement 2023 à 2025 ne sont pas inclus en raison du stade précoce de la période d’investissement. Les années avec récession comprennent 1990, 1991, 2001, 2002, 2008, 2009 et 2020 ; toutes les autres années de cette période sont classées comme des années sans récession. L’indice de référence pour les placements privés est représenté par l’indice MSCI World Total Return.
- Source pour les entreprises du marché intermédiaires soutenues par des fonds de placements privés : National Center for the Middle Market, Private Equity in the Middle Market – Measuring PE’s Impact on Value Creation, Strategy and Sentiment, décembre 2025.
- Source pour la baisse du volume de sorties : KPMG, Q1’26 Pulse of Private Equity — Global insights, avril 2026.
- Investissements dans les capacités numériques : FTI Consulting, « Four Predictions for Private Equity in 2026 », janvier 2026.
- Impact mesurable de l’IA : McKinsey & Company, Private equity: Clearer view, tougher terrain, février 2026.
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